musique définition philosophique


Bien au contraire car « la fin de la musique est de plaire et d’exciter en nous diverses passions » (Compendium p. 53). ), tous marqués par son « esthétique de l’ineffable ». L'écriture et l'interprétation musicale appellent à une réflexion philosophique complexe et approfondie, sur essence et objet de la MUSIQUE. Donc l’art (et la musique) est pour nous quelque chose du passé. est à la fois classique (elle se trouve dans tous les manuels) et générique: « La musique est l’art des sons ». Par-là, elle touche à une dimension autrement peu accessible de l’être. La politique en philosophie est une notion centrale. Comment se fait-il qu’une forme musicale apollinienne, méditerranéenne, puisse traduire mieux que la rhapsodie wagnérienne l’informité de l’Acte pur qu’est l’être ? C’est sans doute cette absence de message que Stravinski souligne quand il écrit : « Je considère la musique par essence impuissante à exprimer [comprendre exposer, raconter] quoi que ce soit : un sentiment, une attitude, un état psychologique, un phénomène de la nature, etc. - Le philosophe part du principe que la musique est l'art des sons et tire les conséquences de cette définition, des plus simples au plus profondes. Citons Philippe Nemo : « Comme les enfants n’ont pas atteint encore l’âge de raison, ils ne peuvent saisir directement les essences ; mais, en habituant les âmes à la mesure musicale, on leur donne une pré-notion des essences objectives et éternelles […] Ainsi, avant-même que leur intelligence s… 119-120). Elle n’est pas une occupation sérieuse : aussi les musiciens, comme en général les artistes, seront-ils chassés de la Cité idéale ou cantonnés dans des fonctions inférieures. Platon, dans l’un de ses Dialogues, en fait le socle de son projet éducatif : « La musique comprend l’ensemble des arts auxquels président les Muses. Leurs préoccupations sont à la fois plus larges et qualitativement autres : l’Être, l’Existence, le Bien, la Raison, l’Histoire... Enfin, ils reconnaissent tous à leur manière que la musique donne spécialement accès à certaines régions de l’être qui échappent à la pensée analytique et aux mots. » (in Platon, "République", III, 401 c-402 a). Comment penser cette multiplicité bigarrée … musique sans réelle valeur artistique, semblable à celle, discrète et aseptisée, qui est diffusée dans les lieux accueillant le public (commerces, halls d'aéroport, etc.) Il existe alors deux « méthodes » pour définir la musique : lapproche intrinsèque (immanente) et lapproche … Il tente d’encercler l’instant si bref de ce « presque rien », de ce « je ne sais quoi », où rien ne sera plus comme avant. En les recueillant joyeusement dans son âme pour en faire sa nourriture et devenir un honnête homme, on repousse justement les vices, on les hait dès l’enfance, avant de pouvoir s’en rendre compte par la raison. Essentiellement trois points : D’abord, leur réflexion ne peut que s’inscrire dans la musique de leur temps : au XVIIe siècle, pour Descartes, une philosophie de la musique qui se voulait méthodique ne pouvait être qu’une philosophie de la musique baroque tonale. Il est vrai que la musique présente de nombreuses analogies avec le langage : son caractère avant tout auditif et transcriptible dans un système de signes, son déroulement dans le temps. B.I.2.a. De même au XIXe, pour Nietzsche, une philosophie de la musique qui se voulait dionysiaque ne pouvait être qu’une philosophie de la musique wagnérienne. Il regrette même que, traversant les murs, elle risque de déranger ! Texte intégral, sans publicité ni brimborions. L’auditeur participe directement à l’expression de ce qu’il ressent, alors qu’un auditeur de concerts européens est frustré par la théâtralité qui le délie de la participation de son corps. Sur le plan de la création musicale, il est cependant rongé par le doute, de sorte qu’il n’achève plus aucune composition. Ceci a été très pertinemment mis en évidence, mais pas assez mis en relief. « Puisqu’il y a deux classes de spectateurs, l’une comportant des hommes libres et de bonne éducation, et l’autre, la classe des gens grossiers […], chaque catégorie de gens trouve son plaisir dans ce qui est approprié à sa nature, et par suite on accordera aux musiciens professionnels, en présence d’un auditoire aussi vulgaire, la liberté de faire usage d’un genre de musique d’une égale vulgarité. La règle d'or de la conduite est la tolérance mutuelle, car nous ne penserons jamais tous de la même façon, nous ne verrons qu'une partie de la vérité et sous des angles différents. résume ainsi : « Si Ludwig van Beethoven ou Franz Schubert, contemporains de Hegel, font de la musique, ce n’est pas parce qu’ils ont quelque chose d’original à apporter à l’humanité et à l’histoire de l’Esprit absolu, c’est parce qu’ils n’ont pas encore atteint le stade de la pleine conscience réflexive de soi qu’a atteint le Philosophe par excellence, Hegel. Sous l’angle solfégique, elle peut effectivement apparaître comme un langage mais, en tant que moyen d’expression, elle conserve une part d’indiscible, d’« ineffable » dirait Jankélévitch. Adorno rapproche d’abord Beethoven de Kant ce qui lui vaut en 1926 cette pique d’Alban Berg dont il est alors l’élève : « Un jour, vous aurez à choisir entre Kant et Beethoven ». Elle concerne la vie et le cosmos tout entiers, même le monde minéral et jusqu’aux espaces intersidéraux (j’ai cité Métaboles de Dutilleux… écouter). Ainsi, les différences de goût et d’identité perçues dans la musique populaire ne proviennent que de l’invention d’une fausse individualité, dans une société où toute vraie individualité, du créateur comme de l’auditeur, est écrasée par le matraquage médiatique. Platon aborde la musique dans un dialogue fameux : la République. Et si l’on admet que Dieu est le créateur des Formes, on acceptera peut-être l’idée que la musique puisse parfois prendre rang, aux côtés de la philosophie, pour être une inattendue, mais efficace « ancilla theologiæ », servante de la théologie. » (in Les philosophes et la musique). Mais – et c’est sa fameuse thèse de « la mort de l’art » - dans la conquête de l’Esprit absolu, qui doit être le but de l’Humanité, l’art n’est qu’un balbutiement, dépassé par la religion, elle-même dépassée par la philosophie. La musique est l’une des pratiques culturelles les plus anciennes. « La musique, à la différence du langage, n’est pas entravée par la communication ; aussi peut-elle toucher directement le corps du sens préexistant qui déjà leste les mots ; aussi peut-elle toucher directement le corps et le bouleverser, provoquer la danse et le chant, arracher magiquement l’homme à lui-même. Mais, en tant que nouvelle, originale, redondante avec aucune autre, unique en son genre, on ne voit pas de quel sol elle surgit, elle semble jaillir ex nihilo. La musique est un concept dont la signification est multiple, il en résulte qu’elle ne peut avoir une définition unique en regroupant tous les types de musique, tous les genres musicaux. » (in Philippe Nemo : Les philosophes et la musique). Toujours est-il qu’il exprime complètement l’inverse : « La musique est une révélation plus haute que toute sagesse et toute philosophie. Aristote a été l’élève de Platon mais il a une conception de l’art plus élevée que son maître. C’est ce qui fait de la musique un langage universel susceptible d’être compris par tout le monde. Déchiré entre sa création musicale et sa réflexion philosophique, il délaisse la première pour se consacrer complètement à la seconde. Citation de … Pour Adorno enfin, au XXe siècle, une philosophie de la musique qui se voulait critique ne pouvait être qu’une philosophie de la musique dodécaphonique de l’École de Vienne. Cette remarque finale est à rapprocher de l’aphorisme d’Emil Cioran : « Dieu peut remercier Bach, parce que Bach est la preuve de l’existence de Dieu. Puis il élargit sa réflexion à la théologie en remontant d’harmonie en harmonie, comme par une échelle mystique, jusqu’à l’harmonie éternelle et immuable, Dieu, principe de tous les mouvements et auteur de l’harmonie à tous ses degrés. Quant aux interrogations : “Pourquoi la musique ? 118 de Johannes Brahms (écouter) montre en musique ce que les philosophes ne sont jamais parvenus à dire de l’Étonnement ; que la musique que chante et qui accompagne Golaud, à la scène IV de l’Acte III de Pelléas (″Ah ! − Récit relatant des faits imaginaires non consignés par l'histoire, transmis par la tradition et mettant en scène des êtres représentant symboliquement des forces physiques, des généralités d'ordre philosophique, métaphysique ou social. Pour Schopenhauer donc, la musique peut, mieux que les autres arts, qui relèvent plutôt de la Représentation - forme dégradée de la Volonté -, être l’expression quasi-immédiate des désirs humains. blopblop, le 09/04/2016 à 4:10 Dossier très intéressant dans son contenu et son fond,et la conclusion apportée est tout-à-fait pertinente. Elle comporte fréquemment une dimension artistique. ». ♦ Musique des sphères.,,Gamme musicale formée des notes qu'engendraient, selon Pythagore, les diverses planètes en tournant autour du soleil`` (Mus. » (in Schopenhauer, Le monde comme Volonté et comme Représentation, livre III, ch. Platon l’observait déjà : « elle pénètre à l’intérieur de l’âme et s’empare d’elle de la façon la plus énergique » (République, livre III, 401d). Autrement dit, la musique s’écrit certes comme un système de signes symbolisant des sons, mais elle reste un art non signifiant. Et il s’inscrit tout à fait dans la continuité de cette déclaration de Monteverdi : « en ce qui concerne les consonances et les dissonances, il y a un autre point de vue que la tradition : celui justifié par la satisfaction de l’ouïe et de la raison. Citons Philippe Nemo : « Comme les enfants n’ont pas atteint encore l’âge de raison, ils ne peuvent saisir directement les essences ; mais, en habituant les âmes à la mesure musicale, on leur donne une pré-notion des essences objectives et éternelles […] Ainsi, avant-même que leur intelligence soit formée, ils sont préparés par la musique à découvrir la philosophie, laquelle est évidemment, avec les mathématiques et la dialectique, la seule nourriture vraiment solide de l’esprit. La musique est l’« art des sons » et englobe toute construction artistique destinée à être perçue par l’ouïe. La musique, en un mot, est bonne pour les enfants, mais elle n’est bonne que pour eux. Personne ou chose par l'intermédiaire de laquelle est obtenu un résultat quelconque : La télévision est un instrument de propagande. Inventer une mélodie, éclairer par là le fond le plus secret de la volonté et des désirs humains, telle est l’œuvre du génie ; ici plus que partout, il agit manifestement en dehors de toute réflexion. Ceux qui ont recommandé qu’on chante des cantiques à l’occasion des dévotions domestiques n’ont pas réfléchi à la pénible incommodité que ces exercices bruyants font subir au public... » (in Kant, Critique de la faculté de juger", § 53). Un dernier point mérite d’être souligné concernant le regard qu’Adorno porte sur la musique de son temps. Contemporain de Cassiodore et de Clovis Ier, il est témoin des derniers feux de l'Empire romain. Saint Augustin est un des principaux penseurs de son temps dans la mesure où il permet de refonder le christianisme en y intégrant une partie de l’héritage grec et romain. » (préface au livre V de madrigaux : écouter Le combat de Tancrède et Clorinde). On le constate quand on essaie de comparer les chefs-d’œuvre : impossible de prétendre que La Mer d’Achille Claude Debussy est supérieure aux Brandebourgeois de Johann Sebastian Bach. Objet fabriqué servant à un travail, à une opération : Instrument aratoire. » (éd. Mais il reconnaît bientôt son erreur car la création musicale, au-delà d’une inspiration de caractère dionysiaque, obéit à des règles qui la spécifient comme indiscutablement apollinienne. La musique est la science et l’art, consistant à arranger et ordonner les sons et les silences au cours du temps (le plus souvent de façon rythmée), de sorte que les sons obtenus soient agréables à l’oreille. La mélodie par essence reproduit tout cela ; elle erre par mille chemins, et s’éloigne sans cesse du ton fondamental […]. » Beethoven connaissait-il cette thèse ? Ensuite, pour la plupart des philosophes, la musique est moins analysée pour elle-même que pour la place qu’elle est censée occuper dans leur « système ». Nos valeurs occidentales ont privilégié l’authenticité et inscrit la musique dans une histoire qui la relie, par l’écriture, à la mémoire du passé. À cette énigme, on trouve peut-être un début de réponse chez Cornélius Castoriadis. Dans la Critique de la faculté de juger, il forge notamment cette célèbre formule qui semble gravée dans le marbre : « Est beau ce qui plaît universellement sans concept ». HISTOIRE DE L'INTERPRÉTATION AU COURS DES SIÈCLES C’est la critique sévère qu’il adresse à ce qu’il appelle l’« industrie culturelle ». C’est par elle qu’on modèle pour la vie des âmes encore tendres : aussi importe-t-il qu’elle soit pure de tout élément douteux. Les musiques d’Afrique, elles, font plus appel à l’imaginaire, au mythe, à la magie, et relient cette puissance spirituelle à une corporalité de la musique. Si la musique est le plus souvent considérée du point de vue de l’esthétique, il importe au préalable d’explorer les problèmes définitionnels et ontologiques : qu’est-ce que la musique ? D’où je conclus, que les Français n’ont point de musique et n’en peuvent avoir ; ou que si jamais ils en ont une, ce sera tant pis pour eux ». Il est dans la nature de l’homme de former des vœux, de les réaliser, d’en former aussitôt de nouveaux, et ainsi de suite indéfiniment.